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16 octobre 2013 3 16 /10 /octobre /2013 12:25

La semaine dernière, Jean-Claude Pierre, porte-parole du réseau Cohérence et président de l’association Nature et Culture, accompagnait des curieux à la visite d'une maison autonome aux portes de Nantes. Certains connaissent peut-être la commune de Moisdon-la-Rivière (44), où vit le couple Baronnet ? Bref. Jeudi 4 octobre à 8 heures pétantes, nous étions trente âmes endormies dans un bus qui tentait de se frayer un chemin à travers une pluie torrentielle et froide, une pluie d'automne. Une pluie d'octobre, même. Ce sont sans doute les grosses gouttes d'eau qui tombaient du ciel, et l'humidité ambiante qui ont inspiré Jean-Claude Pierre, ce matin là, puisqu'il nous a parlé des zones humides. Au bout de son micro, il partait d'un fait d'actualité bouleversant pour tout défenseur de l'environnement : un élu haut placé (et justement en charge des questions environnementales) dont je tairai le nom, aurait pesté contre l'interdiction par la loi, de modifier les zones humides. Cet élu défendait des agriculteurs intensifs, qui estiment à leur tour, que l'eau présente dans ces zones peut être détournée et utilisée pour l'irrigation de leurs champs. Ou quelque chose comme cela...

 

Il pleuvait, et à travers la vitre, je regardais la ville s'éloigner. Elle laissait place à des kilomètres de champs, hameaux, talus, forêts et marécages. J'ai pensé à ceux qui se préparent pour l'hiver, quelque part près de Nantes justement. Et qui, il y a des dizaines d'années, ont posé leurs valises pour occuper l'une des plus célèbres zones humides de notre région : la ZAD.

 

Et oui, une zone humide, ça se défend. Et peut-être plus que n'importe quel autre espace naturel, vu le rôle que ces zones jouent dans l'écosystème. Selon l'article premier de la Convention de Ramsar en 1971, « les zones humides sont des étendues de marais de fagnes, de tourbières ou d'eau naturelles ou artificielles, permanentes ou temporaires, où l'eau est stagnante ou courante, douce, saumâtre ou salée, y compris des étendues d'eau marine dont la profondeur à marée basse n'excède pas six mètres ».

 

En France, l'article 2 de la loi sur l'eau du 3 janvier 1992, stipule: « on entend par zone humide les terrains, exploités ou non, habituellement inondés ou gorgés d'eau douce, salée ou saumâtre de façon permanente ou temporaire ; la végétation, quand elle existe, y est dominée par des plantes hygrophiles pendant au moins une partie de l'année ».

 

1/4 du territoire français

 

Les zones humides abriteraient 25% de la biodiversité de notre pays alors qu'elles ne couvrent que 3% de notre territoire ! Elles constituent à elles seules des espaces de reproduction et des étapes migratoires sans commune mesure. En transition entre la terre et l'eau (écotone), les zones humides abritent espèces végétales, oiseaux, poissons, amphibiens qui y trouvent des conditions biologiques et hydrologiques idéales. Ce n'est pas tout. Ces zones participent à la régulation du débit de nos cours d'eau. Elles stockent et en restituent progressivement de grandes quantités, ce qui permet d'alimenter des nappes d'eau souterraines ou superficielles. Et, comme de nombreux êtres vivants y ont élu domicile (la biocénose), la qualité de l'eau y est préservée: ces zones seraient des "espaces tampon" qui réduiraient considérablement les nitrates présents dans les eaux de nos rivières. Ces arguments ne sont pas exhaustifs. On pourrait développer sur de longues lignes les raisons pour lesquelles les zones humides sont si importantes pour notre environnement, pour la vie des êtres vivants, pour nous tous !


Le choc des générations

 

Mon grand-père, né au début du siècle dernier, ne sait ce que signifie un retour sur investissement, une zone d'aménagement différée, ou encore des mesures compensatoires. En revanche, je pense qu'une « zone à défendre » fait sens pour lui. Quant aux marécages ? Il sait, pour l'avoir appris de ses parents, de ses ballades dans la nature, et de ses observations du monde durant toute sa vie, que ces zones ont une fonction irremplaçable dans l'écosystème.

 

Peut-être devrions-nous réunir autour de nos grand-pères et grand-mères, les élus de France pour une « leçon des choses de la vie »? Avant qu'un aéroport ne recouvre une autre précieuse zone humide...

Zones humides: la leçon de choses

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