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19 juin 2012 2 19 /06 /juin /2012 16:54

Il y a quelques jours, un ami a été très malade. Gracias a Deus, comme on dirait au Brésil, il ne l'est plus. A son chevet, je l'observais, impuissante, inutile, lutter contre la fièvre qui ne finissait pas de grimper. Ses plaies qui ne guérissaient plus étaient autant de marques rouges, presque violettes sur son corps chaud et moite, alors qu'il tremblait de froid. Dans un énième sursaut, les lèvres déssechées, il m'a regardé en lâchant: "on s'habitue à vivre". Je comprenais ce qu'íl voulait dire. J'ajouterais juste: "on s'habitue à vivre bien et on en oublie l'importance".

 

 

La plupart du temps, notre corps ne souffre pas. Il respire la santé. On peut courir sans avoir mal aux pieds, aux genoux ou au dos. On peut assister à de grands festins sans finir par avoir mal à l'estomac. On peut boire des thés chauds ou glacés sans avoir mal aux dents. On peut passer des heures devant un ordinateur sans avoir mal aux yeux ou à la tête.

 

Mais ce jour là, mon ami n'en était pas capable. Son corps ne répondait plus, il n'était pas avec moi. Sa douleur était telle qu'il perdait conscience. Pendant un instant, j'ai même cru entendre la mort ricaner au dessus de son épaule. Cet épìsode n'est qu'un mauvais souvenir. Peut-être qu'un jour, nous en reparlerons en riant, devant un verre de vin, les pommettes roses, respirant la bonne santé.

 

En attendant, je me rappelle des jeux de volonté auxquels on se soumet parfois. N'avez-vous jamais demandé à un ami: "quel est ton voeux le plus cher?" La réponse se situe souvent entre avoir et devenir. Avoir une grande maison près de la mer. Devenir un grand musicien...que sais-je! A l'inverse, avez-vous déjà entendu votre ami rétorquer : "je souhaite plus que tout être en bonne santé jusqu'à la fin de mes jours".

 

Je crois bien qu'au dessus du confort, de l'argent, de l'amour, au-delà du bonheur d'exercer un métier qui nous plait, d'avoir une passion qui nous fait vibrer, des amis qui nous réconfortent, ce qu'il y a de plus important, de plus précieux même, c'est d'être en bonne santé.

 

Au chevet de mon ami, il n'y a pas une semaine, c'est ce que j'ai souhaité plus que tout au monde. Que la fièvre descende enfin, que la douleur cesse. Qu'il reprenne cette fabuleuse habitude de vivre en bonne santé.

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